L’Internet des objets : le mix de la création de valeur

Par Glenn Devez, manager CSC en Transformation Digitale

L’Internet des objets (IoT) n’est pas un concept nouveau. L’IoT repose sur des technologies familières, répandues dans de nombreux domaines, pour de nombreux usages : capteurs, émetteurs, connexions en réseau, communication sans fil, Internet, informatique dématérialisée, cloud, Big Data, …

Dans nos smartphones, nos ordinateurs, nos montres, nos télévisions, pour les plus communs des objets quotidiens ; dans une chaine de montage ou un camion de livraison, à l’hôpital près des patients, dans des compteurs, ampoules, réservoirs ou tout autre “poste” de coûts pour des organisations (profitables ou non), la liste ne cesse de s’allonger… L’IoT concerne déjà plus de 5 milliards d’objets connectés en 2015. A l’horizon 2020, ce seront plus de 20 milliards d’objets connectés !

 

Pour capter nos mouvements, des flux, un changement d’état, un transfert d’information, toute donnée pouvant être traitée, analysée puis restituée aux utilisateurs à des fins de gain de productivité, d’efficacité, d’une prise de la décision optimale… L’informatique, qu’elle soit personnelle ou industrielle, couvre déjà ce champ des possibles. En faisant communiquer entre eux des objets jusqu’alors muets car trop distants de par leur fonction, ces technologies numériques familières, embarquées dans des objets existants, dévoilent une source de création de valeur d’une richesse inouïe.

Au cœur du mix de création de valeur

L’IoT, bien que reposant sur des éléments techniques familiers, n’a certainement pas atteint son apogée et conserve un potentiel fort de transformation. Si les technologies employées dans l’IoT sont connues et répandues sous de multiples formes, c’est leur mix avec des usages de plus en plus démocratisés (l’informatique pour tous avec nos smartphones) et des habitudes, voire des attentes (tout tactile, connexion au web partout, culture du réseau social, …), qui rend l’IoT propice à la création de valeur, car accepté. Pour que ce mix produise cette “valeur”, en termes d’usage, d’efficacité, de productivité, qu’une synergie soit créée entre ses différents composants, plusieurs enjeux doivent être abordés.

Plutôt que de regarder en détail comment se décompose un objet connecté (au moins une puce et de quoi se connecter grâce à une adresse IP ?), détaillons l’IoT selon six étapes clés de sa mise en œuvre.

Chaque étape révèle des enjeux et opportunités sur lesquels se projeter pour réussir à tirer parti du mix technologies / usages / attentes. Cet enchaînement va surtout révéler la place centrale de la “data” dans la création de valeur de l’IoT.


1. Capter : le point de départ des objets connectés, de l’IoT. A partir de récepteurs d’information embarqués, une information, un paquet d’informations est recueilli, enregistré.

1er défi : savoir sentir, capturer et recevoir toute information utile qui sera transformée par la suite. L’utilisateur ne cherche pas une donnée particulière, elle est automatiquement détectée.


2. Transporter : la “data”, pour être recueillie, doit transiter sur des réseaux (wifi, cellulaire, mesh, satellite, filaire, …).

2nd défi : assurer la connectivité, partout ; rendre disponibles les réseaux malgré la multitude de standards le plus souvent incompatibles car propriétaires. Pour faciliter la connexion des objets aux réseaux, et rendre les échanges bien moins bridés, des solutions plus universelles sont de plus en plus adoptées, comme les réseaux étendus à longue portée (Low Power Wide Area – LPWA, Long Range Wide Area Network – LoRaWAN), qui permettent une communication à bas débit sans consommer trop de ressources des objets connectés (la hantise de la mobilité : être à cours de batterie !).


3. Conserver/Stocker : toute cette “data”, une fois véhiculée, va devoir être stockée. De façon dématérialisée, dans un cloud, rarement physiquement… pour assurer les étapes suivantes.

3ème défi : envoyer le plus rapidement possible des paquets plus ou moins importants de données capturées, là encore grâce à des réseaux facilitateurs, vers des espaces de stockage adaptés.


4. Analyser : la donnée stockée est ensuite retraitée, analysée pour aider à la prise de décisions (entre machines, ou par l’homme).

4ème défi : traiter rapidement la donnée. La puissance de calculs, la capacité à restituer en quasi temps réel font la force de l’IoT. Sans cette notion de traitement en quasi temps réel, nous sommes renvoyés à des usages bien plus classiques de traitement de l’information, et à une prise de décision sans valeur ajoutée !


5. Contrôler : résultat de l’analyse, la “data” se transforme en messages d’alerte, pouvant être envoyés à des personnes, des systèmes, des objets pour action. Mais aussi pour mesurer l’intégrité des données avant de les partager.

5ème défi : respecter les sources de données, adopter des règles éthiques vis-à-vis de la vie privée, garantir la sécurité pour les usagers (physiques ou non). Comment assurer ce contrôle si tous les objets communicants sont au même niveau dans un écosystème ? Existe-t-il un contrôleur au-dessus ? Les contrôleurs se contrôlent-ils ?


6. Partager/Diffuser : une fois la donnée captée, transformée, analysée et contrôlée, elle peut être partagée avec d’autres systèmes de traitement, envoyée sur d’autres objets (machine-to-machine) et enrichir des environnements tiers.

6ème défi : rendre interopérable cette flotte croissante d’objets pour un gain d’usage assurément plus fort. L’IoT met en relation des objets dans des environnements limités par des formats propriétaires. Les possibilités offertes par une coopération plus universelle, entre des objets tiers, reste encore à explorer.


Du recueil au partage des données, les objets connectés sont des catalyseurs. C’est alors le résultat de l’analyse des données recueillies qui favorisera une prise de décision rapide, intelligente, un enrichissement de la fonction première de l’objet. En ajoutant cette couche de traitement de données à l’usage de l’objet initial, la valeur ajoutée de l’IoT peut se déterminer par la capacité à rendre interopérable la plus grande masse possible d’objets.

L’adoption en masse de l’IoT comme levier de transformation

Avec un parc d’objets de plus en plus vaste et hétérogène, la multiplication d’écosystèmes aux normes propriétaires bride aujourd’hui l’ouverture des objets aux autres objets.

Comment alors permettre à ces objets de communiquer entre eux ? Pour les intégrer plus facilement à nos usages quotidiens ? Avec le système d’information d’une entreprise ? Voire pour déployer, exploiter et maintenir un vaste parc d’objets ?

Et quelles solutions de sécurité mettre en œuvre pour protéger ces flux de données, surtout dans un environnement d’entreprises, potentiel cible d’attaques ?

L’organisation autour de standards massivement partagés est une réponse possible au 6ème défi évoqué précédemment. Permettre l’interopérabilité et la compatibilité entre les équipements, sur des réseaux et entre des logiciels différents transformeront cette masse croissante d’objets connectés partiellement, en un nouveau relai de données dont l’exploitation à très grande échelle est encore un défi.

Quel volume critique d’objets, de données partagées et/ou partageables faut-il alors atteindre pour que l’IoT devienne un moyen de transformation abouti ? Après avoir tant investi dans les technologies de collecte, de stockage et de traitement de l’information, l’adoption d’objets connectés en masse devient un moyen de développement abordable et bénéfique.

De projets de tailles modestes, où l’introduction de capteurs intelligents permet d’envisager des gains de productivité, à la multiplication d’initiatives IoT, interconnectées entre elles, c’est à grande échelle que l’IoT dévoilera son potentiel de transformation stratégique !
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