Notre série sur les 4 D du mix-digital – 1er D : Disruption des modèles économiques

Par Pierre Kalfon, partner Transformation Digitale chez CSC

Désormais familier, le terme de disruption semble être apparu avec et pour le digital. Comme si nous n’avions pas de mot approprié pour qualifier cette subite remise en cause des fondamentaux de l’entreprise, de sa stratégie jusqu’à son mode de fonctionnement. Les résultats de l’édition 2016 du Baromètre de la Transformation Digitale de CSC sont éloquents : près de 9 entreprises sur 10 affirment constater une rupture numérique dans leur métier ou s’attendre à ce que cela survienne dans les deux ans. Et elles sont aujourd’hui 27 %, contre 15 % un an plus tôt, à définir le digital comme une “rupture de business model”.

Quel est véritablement notre métier ? Qu’attendent nos clients ? Comment créer de la valeur ?

Aucune entreprise d’aucun secteur n’est épargnée par ce questionnement existentiel. Comme le résume Patrick Hoffstetter, CDO de Renault, “c’est l’ADN même de notre groupe plus que centenaire qui évolue de constructeur d’automobiles à acteur de la mobilité au sens large, et cela engendre des risques comme des opportunités à tous les niveaux de la chaîne de valeur.”

Ainsi ébranlées jusqu’au cœur même de leur métier, les entreprises s’adaptent à la nouvelle donne digitale en reconsidérant en priorité le positionnement de leur portefeuille d’offres. 41 % d’entre elles développent de nouveaux services, souvent pour amorcer des mutations plus profondes, 19 % se diversifient en s’imbriquant dans un écosystème de partenaires, 16 % s’étendent ou se déplacent sur leur chaîne de valeur, et 15 % vont jusqu’à changer radicalement de modèles économique et opérationnel.

Quelle que soit l’approche retenue, l’enjeu commun est de faire émerger les offres qui valoriseront les actifs clés – la marque, le savoir-faire, les données… – et qui répondront au mieux à un marché en mutation. Pour cela, il est désormais impératif de regarder autour de soi. “Ce que veulent nos clients, c’est se déplacer. Nous appuyer sur un large écosystème de partenaires nous permet d’être à l’écoute du marché, et d’offrir de façon intégrée les solutions et les services qu’attendent les voyageurs”, explique Emmanuelle Turlotte, directrice de la transformation digitale du groupe SNCF, lequel multiplie les initiatives d’open innovation : open data, store applicatif, fonds de capital-risque, incubateurs… Pourtant, seuls 11 % des entreprises affirment avoir structuré une démarche de co-idéation ou de co-création…

Le secteur bancaire offre un exemple parfait de la pertinence de la collaboration entre les acteurs établis et les start-up, comme en témoigne Sophie Heller, directrice générale d’ING Direct : “Les FinTechs sont souvent expertes sur un besoin précis, mais manquent d’une base de clients pour se développer. Les grands établissements, quant à eux, ont besoin d’innover, mais une grande partie de leur énergie est mobilisée sur le “legacy” et la compliance. Il y a donc une complémentarité naturelle, à l’image de ce que nous faisons en Espagne, où nous avons intégré l’algorithme de scoring d’une FinTech à notre processus de prêt aux PME.”

Pour se réinventer à l’ère digitale, l’innovation est donc essentielle, et peu importe la recette. À condition toutefois d’aller vite, comme le martèle Olivier Madelenat, directeur grands groupes de Google France : “Aujourd’hui, la rapidité d’exécution est la clé, car l’adoption des nouveaux usages est extrêmement rapide, et personne n’est à l’abri de se laisser déborder. Même Google !”

Banniere Blog CSCDigital 580

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: