FOMO: Le guide du syndrome de la « peur de manquer quelque chose » à usage des DSI

Une des compétences qu’on attend d’un DSI du 21ème siècle est la capacité à gérer le FOMO (de l’anglais « Fear Of Missing Out », la peur de manquer quelque chose) à l’échelle de l’entreprise. Comme beaucoup d’entre nous savent, au-delà de l’acronyme à la mode, le FOMO est présent depuis un moment et se manifeste par l’anxiété dans le secteur informatique de rater le coche d’une nouvelle technologie.

Combien de fois avons-nous eu cette bien désagréable sensation au détour d’une conférence lorsque nous sommes en train d’écouter l’intervention d’un participant et qu’il commence à parler des défis auxquels il a eu à faire avec Hadoop lors du déploiement de leur comportement prédictif… ?

« Hadoop ? », « comportement prédictif ? ». Vous pensez alors : « Oulala, mais si nous en sommes encore à essayer de trouver où se cache toute l’information dans l’entreprise pour pouvoir lancer une base de donnée à l’ancienne ! »

Si en tant que DSI vous traversez les affres du FOMO technologique, il y a fort à parier qu’il en va de même pour le directeur marketing ou le directeur financier ainsi que le reste des dirigeants. Ils sont d’ailleurs sûrement en train d’envoyer des emails et autres messages depuis les conférences auxquelles ils assistent : « Je viens de voir ce nouveau truc du marketing cloud, ça a l’air tellement cool. Est-ce qu’on peut demander au département informatique de voir ce qu’il en est ? ».

Si la crainte de ne pas être assez réactif au sein de l’entreprise est saine et fondée, elle peut être gérée de manière facile. Mais l’ennemi naturel du FOMO technologique est un DSI qui cherche constamment à avoir une approche proactive pour identifier et tester l’innovation technologique quitte à en faire trop.

J’ai déjà présenté une stratégie pour faire cela dans un autre article intitulé « Future-proofing with technology petting zoos ». Mais je vous livre ici d’autres stratégies qui demandent moins d’effort pour un effet similaire :

  • Créer une boîte à idées avec la direction de la communication pour que les employés puissent suggérer différentes innovations technologiques qu’ils voudraient que le département informatique étudie. Au-delà de vous servir à identifier les sources d’innovation, cela permet de connaître les employés qui ont testé ces plateformes ou applications.
  • Faire connaître les nouvelles technologies que le département informatique a identifié comme potentiellement exploitables et qui sont en actuellement testées pour des facteurs de sécurité et leur capacité à s’intégrer dans l’architecture actuelle.
  • Attention à ne pas se laisser attirer par un tableau de bord trop prometteur. Mon expérience personnelle  m’a appris que les « dashboards » sont de grands générateurs de FOMO. À l’instar des produits placés près des caisses dans les supermarchés qui nous font de l’œil et nous poussent à l’achat impulsif, nous sommes sensibles aux plateformes promettant une expérience de l’utilisateur simplifiée. Malheureusement ce n’est pas parce que les informations sont présentées sous forme de tableau de bord qu’il s’agit de données analytiques.
  • Poster sur le blog de l’entreprise des contenus qui passent en revue les avantages et les inconvénients des technologies de pointe. Prenez soin d’éviter le ton trop négatif que certains pourraient attendre de votre part. L’idéal est de citer des expériences (bonnes ou mauvaises) d’utilisateurs au sein de l’entreprise.
  • Mettre en place un panel d’utilisateurs pour tester la tolérance au FOMO, orientés métiers pour certains, et mise en place d’une plateforme basée à l’extérieur pour d’autres. En fonction de leurs validations et réprobations placés tant du centre comme de l’extérieur, la perception des blocages envers la technologie pourra changer.

En prenant des mesures pour ouvrir le débat  sur les nouvelles technologies afin d’examiner et d’envisager leur utilisation, vous pouvez réduire l’impact du fameux FOMO tant redouté par les DSI.


cutitta3Auteur: Frank Cutitta est chercheur au sein du Leading Edge Forum de CSC. Il traite principalement les aspects transculturels du développement social des entreprises. Il étudie également la manière dont les organisations technologiques devraient appliquer pour elles-mêmes les techniques de branding. Il est membre du Global Board of Directors de l’HIMSS (Healthcare Information and Management Systems Society) la plus grande association mondiale qui mêle le secteur de santé et la technologie.

 

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