Avez-vous besoin d’un plan B pour vos solutions SaaS ?

Evernote a récemment changé l’organisation de ses services, ce qui le rend moins attractif (ça reste une opinion personnelle) à des gens comme moi. Suite à ces modifications, peu d’options s’offrent à moi, sauf peut-être chercher une alternative à ce service, mais la transition risque de ne pas être des plus simples.

J’ai une grande quantité de photos que je conserve sur Flickr, un service qui appartient à Yahoo et qui passera bientôt aux mains de Verizon. J’ai bien peur que Flickr ne fasse pas long feu…

Pour certains des projets sur lesquels je travaille j’ai stocké les informations sur OneDrive puisque c’était gratuit. Au fur et à mesure mon compte OneDrive gratuit a vu sa capacité augmenter, tout comme l’usage que j’en faisais. Par la suite Microsoft a changé son offre de services, ce qui a diminué de manière significative la capacité de mon compte gratuit et ils m’ont demandé de payer pour l’utilisation supplémentaire que j’en faisais. Ils m’ont alors proposé de me faire un compte Office 365 Personnel gratuit les 12 premiers mois… et ensuite payant.

Nous avons l’habitude d’utiliser certains services comme s’ils allaient toujours exister et ce dans les conditions que nous connaissons à présent. Les exemples cités plus haut nous montrent qu’il faut faire attention par rapport à ces attentes.

Heureusement, dans la plupart des cas, il existe des solutions alternatives, mais la transition n’est pas toujours simple. Lorsque nous utilisons un service nous avons des attentes envers celui-ci. Même si les solutions alternatives offrent les caractéristiques de base, elles ne sont pas une copie conforme. Prenez l’exemple de Flickr : il existe de nombreuses applications de partage de photos, mais je ne peux pas y transférer toutes les interactions sociales de Flickr. OneNote est sans doute une bonne alternative à Evernote … mais ce n’est pas Evernote.

Tous les exemples que j’ai cités, jusqu’à présent, ont été axés sur l’utilisation de la technologie dans un cadre personnel, mais ce qui est vrai pour moi en tant qu’individu est vrai aussi pour les entreprises.

J’imagine que ça ne va pas se produire de sitôt, mais qu’est-ce qu’il se passerait si Salesforce traversait une crise ? Qu’arriverait-il si Microsoft décidait de fermer Office 365 ou si Amazon rencontrait une série de difficultés qui viendrait émailler la confiance du public en AWS ? Combien d’entreprises seraient touchées par ces évènements?

Bien que je joue un peu à Madame Irma avec sa boule de cristal, je sais que ces prédictions sont très improbables. Mais il était également très peu probable il y a quelques années que Blackberry soit remplacé en tant que fournisseur de messagerie sur téléphone portable… Parfois il vaut mieux prévoir l’improbable.

Il était un temps où, les gens utilisaient des applications placées sur des serveurs dans leur centre de données. En cas de problème avec un fournisseur de technologie, il n’était pas nécessaire de se déplacer rapidement parce qu’il était possible de continuer à gérer les choses sur place et de prendre le temps de chercher une alternative et ensuite migrer vers elle. Comme j’ai participé à un grand nombre de projets de rationalisation d’applications je peux vous assurer qu’il y a beaucoup de grandes entreprises qui exécutent les applications d’un fournisseur qui n’existe plus depuis des décennies. Sur le cloud et surtout pour les solutions SaaS (Software as a Service), vous ne disposez pas de cette option, ou du moins, pas de la même manière, il vaut mieux donc faire de la prévention.

Je ne suis pas en train de vous dire que vous devez investir dans des solutions Saas en parallèle, attention. Ce que je vous recommande c’est d’évaluer activement les risques, de comprendre l’impact et de définir une alternative, tout en connaissant ce qu’implique la migration à cette autre solution.

  • Évaluer le risque: Quelle est la probabilité que votre solution SaaS puisse avoir un problème? Microsoft est une société qui vend Office 365 aux entreprises du monde entier; son avenir en dépend. Je dirais qu’elle représente un faible risque pour l’instant. Evernote a 150 millions d’utilisateurs ; il s’agit d’une entreprise de propriété privée, ce qui signifie qu’il n’est pas aussi facile de comprendre sa situation financière. On pourrait parler de risque moyen ?
  • Comprendre l’impact: Jusqu’à quel point la solution Saas est essentielle à l’entreprise ? Si elle venait à ne pas bien fonctionner, quelles parties de l’entreprise se verraient affectées? Si Salesforce gère vos ventes et vos processus de commande de bout en bout, l’impact serait énorme.
  • Définir une alternative: Dans la plupart des cas, il existe une alternative. Google fournit une alternative à Microsoft Office 365. Oracle aimerait que vous utilisiez l’une de ses alternatives à Salesforce. Après avoir choisi une solution SaaS, il est courant de passer du temps à essayer d’exploiter ce que nous avons acheté, mais en gardant une vue d’ensemble sur les autres services qui vous permettront de mieux comprendre les risques de votre situation actuelle et également savoir si celle-ci est en phase avec le rythme du marché.
  • Connaître les conséquences d’une migration: Avant de choisir une solution SaaS vous avez besoin de comprendre si vous pouvez extraire vos données et en faire quelque chose. La migration entre les services est plus facile pour certains que pour d’autres et dépend d’un certain nombre de paramètres différents: l’impact sur l’utilisateur final, le volume des données, le niveau de personnalisation, l’intégration avec le service, la disponibilité des outils, la disponibilité de l’expertise, etc.

La migration d’application est rarement facile, et la migration SaaS ne supprime pas complètement ces questions, mais disposer d’une alternative vous permettra d’avancer plus sereinement… en cas de besoin.


mtp-602Auteur : Graham Chastney est un expert en services d’infrastructures globales chez CSC. Il a travaillé dans le secteur de la technologie appliquée au lieu de travail pendant plus de 25 ans, en commençant avec le support  SYSPROG a IBM DISOSS et DEC All-in-1. Ces derniers temps Graham a travaillé avec des clients de CSC pour les aider à comprendre comment ils peuvent tirer profit au maximum du monde changeant des nouvelles technologies appliquées au lieu de travail. Graham vit avec sa famille au Royaume Uni.

Twitter: @grahamchastney

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