Sport ou business, même combat

Toutes ces analogies liées au monde sportif que l’on retrouve dans la littérature d’entreprise… Bonne ou mauvaise idée ?

J’ai parfois le sentiment que ce genre de comparaison est devenu monnaie courante, mais après tout, nous sortons à peine de l’engouement des jeux olympiques de cet été.

Je ne remets pas en doute le fait que l’entreprise et le sport ont de nombreux points communs… pour être le meilleur en sport, il faut faire de nombreux sacrifices. Est-ce la même chose pour le monde de l’entreprise ? Dans le monde du sport – et même s’il s’agit d’un sport d’équipe, la réussite repose sur les épaules de chaque individu. Cette règle applique dans l’entreprise?

C’est sans surprise que sur Internet on trouve tout type de points de vue – le meilleur comme le pire.

Mon humble avis  est que, sans tomber dans l’excès certains points communs sont réels, d’autres moins.

J’ai réuni ici un petit florilège…

  • Il est peu probable qu’en renvoyant le sélectionneur pour essayer de faire des économies vous parveniez à ce que la stratégie qu’il a travaillée auparavant auprès des joueurs se maintienne toute seule. Pourtant de nombreuses entreprises voient ce genre de procédé comme une option extra, dont on peut se passer si besoin ou lorsqu’il faut faire des coupes dans le budget.
  • Si lors d’un match une équipe essuie un échec cuisant, on se sépare du sélectionneur. Les équipes sportives sont beaucoup plus flexibles lorsqu’il s’agit de désigner qui doit les entrainer et les mener à la victoire.
  • Qu’il s’agisse d’athlètes de haut niveau ou de businessmen, il en va de même. Naître avec des capacités au-dessus de la moyenne ne sert à rien sans un bon entrainement mental.
  • Les sportifs ont à cœur de fêter leurs victoires comme il se doit (champagne sur le podium, tour d’honneur, médailles…). Ils sont conscients que les bons résultats peuvent être éphémères et qu’ils doivent profiter du moment présent. Dans le monde de l’entreprise on ne retrouve pas cette vision et le long terme l’emporte sur le court terme. Les petites réussites et les grands succès ne sont pas suffisamment valorisés.
  • Lors de l’entrainement, le sélectionneur d’une équipe sportive dit à chacun ce qu’il doit faire et le poste qu’il doit occuper. Dans le monde du travail c’est tout le contraire, il ne doit pas donner son avis mais plutôt permettre aux membres de l’équipe de trouver eux-mêmes leur place.
  • Dans le sport, qui dit gagner dit être le meilleur. Nombreuses sont les entreprises qui ont essayé de suivre ce même schéma et c’est une erreur. Un bon exemple d’entreprise qui ne fait pas les choses de cette manière est la compagnie aérienne Southwest Airlines. Au lieu de chercher à avoir les meilleurs avions, créneaux de vol, services d’enregistrement ou à engager les diplômés des meilleures écoles, son PDG a réalisé la prouesse de forger une identité forte pour son entreprise à travers la culture organisationnelle, la motivation des équipes et son sens des valeurs. Le succès d’une entreprise repose sur une organisation supérieure, pas sur des « personnes supérieures ».

Pourquoi alors faire cette comparaison ? Sans doute parce que de nombreux (la majorité ?) dirigeants d’entreprises aiment à se comparer avec leurs idoles du monde du sport. Il y a sûrement énormément d’apprentissages à en tirer (pour moi la célébration de chaque victoire est primordiale) mais également beaucoup de choses pour lesquelles il vaut mieux s’inspirer du contraire. Il ne sert à rien d’avoir les « meilleures » personnes en poste pour avoir la meilleure entreprise… il s’agit plutôt d’avoir les bonnes personnes.


Cet article a précédemment été publié sur le blog de Neil Fagan :  Neil’s Thoughts.

Auteur : Neil Fagan est CTO pour le département de sécurité et intelligence du gouvernement du Royaume-Uni et membre de la communauté d’ingénierie et architecture de CSC. C’est également un expert en architecture d’entreprise, il dirige les équipes d’architectes qui travaillent au développement de solutions, clé en main du concept initial à la livraison, en passant par la maintenance. Il est le co-fondateur de la CSC Global Architecture (A10) et l’auteur de la formation sur les meilleures pratiques en architecture de CSC, qui est utilisée auprès de centaines d’architectes. Il a reçu par deux fois le prix « Silver President ».

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: