Défense : les technologies qui vont marquer 2017

C’est un classique en ce début d’année, lister les tendances qui vont influencer le marché pour les mois à venir.

Pour le cas précis du secteur de la défense,  nous voyons une nouvelle génération de technologies qui sont susceptibles de marquer 2017, de par leur caractère disruptif ou les améliorations qu’elles apportent. Voici un aperçu de 6 tendances émergentes qu’il faudra surveiller de près cette année. Certaines ont déjà fait leur entrée dans nos vies, d’autres vont clairement se développer au cours des mois à venir,  et 2017 sera l’année de l’accélération de leur adoption.

N’hésitez-pas à partager avec nous votre point de vue sur ces tendances, ou nous en faire parvenir d’autres qui ne feraient pas parti de cette liste, dans les commentaires en bas de ce billet.

  1. Systèmes définis par logiciel

Dans la défense, comme dans les autres marchés (privés ou publics), les leaders informatiques tirent aujourd’hui profit des possibilités offertes par le cloud avec une mentalité résolument orientée «as a service». Parmi les nombreux avantages qu’offre cette approche, on retrouve une plus grande agilité, une plus grande souplesse et la capacité d’ajuster rapidement les ressources internes en fonction des exigences opérationnelles. Avec un bémol : la gestion de multiples fournisseurs reste encore difficile et complexe.

Pour se positionner parmi les leaders de demain, les entreprises de défense doivent passer à un modèle «as-code» (ou programmable). Avec des systèmes définis par logiciel (ou software-defined ), les configurations peuvent être définies, modifiées et libérées plus rapidement. Les modèles de système peuvent de cette manière être partagés dans toute l’entreprise, ce qui permet une approche DevOps pour le développement d’applications.

L’application peut alors être conçue, codée et déployée en un temps record, et d’une manière qui tient pleinement compte de l’environnement de l’utilisateur final.

  1. Intelligence des services aux utilisateurs et automatisation

L’automatisation sera la maître-mot en 2017, notamment dans le secteur de la défense où elle va permettre une grande rationalisation du travail.

La méthode RPA (Robotic Process Automation, ou automatisation robotisée des processus) permet aux métiers de définir leurs processus et de gérer des événements et des transactions avec une intervention humaine réduite,. C’est déjà le cas pour les tâches administratives.

Les assistants basés sur l’intelligence artificielle (bots) commenceront à gérer des résolutions de problème plus complexes et des demandes de service. Et tout le monde dans l’entreprise aura accès à plus de données – ainsi que des outils tels que le traitement du langage naturel pour aider à la compréhension de ces données – afin d’améliorer la prise de décisions.

  1. Réalité virtuelle / réalité augmentée

La réalité virtuelle et la réalité augmentée (VR/AR) offrent de nombreuses possibilités dans le secteur de la défense. Ces outils permettent une meilleure présentation et visualisation de l’information et de l’intelligence sur le terrain ainsi que la possibilité de transformer les sessions de formation traditionnelles en une véritable expérience de jeu en immersion.

Les cas d’utilisation vont de l’assistance télémédicale aux soldats en première ligne à la conception sur le terrain d’explosifs en passant par la « gamification » (à l’instar de Pokemon Go), pour améliorer les exercices de formation Des capacités ô combien excitantes si l’on décide d’apprécier pleinement les possibilités qu’offrent cette technologie au lieu de se borner à trouver cela trivial !

  1. Edge computing

Alors que les wearables, les tablettes, les smartphones, l’Internet des objets et même les drones permettant la collecte de renseignements personnels deviennent de plus en plus monnaie courante, les entreprises de défense doivent être à la pointe de la technologie lorsqu’il s’agit de leur environnement informatique.

Pour les départements informatiques, il est parfois très compliqué de répondre aux attentes des soldats sur le terrain, dans des conditions souvent hostiles tout en disposant de ressources limitées.

L’edge computing apporte des réponses à ce défi en décentralisant la puissance informatique du centre de données vers la « bordure du réseau », là où s’opèrent les interactions numériques, ce qui réduit sensiblement les latences. Pour tirer profit de l’edge computing, il faudra pour autant pouvoir compter sur des équipements informatiques localisés et fiables.

Lesentreprises devront faire preuve de créativité pour fournir cette connexion essentielle. Une possibilité serait qu’un petit groupe de soldats tienne lieu de hotspot wifi itinérant. Une autre serait qu’un véhicule blindé se charge de la gestion de la connexion. Néanmoins, les entreprisesdoivent rester conscientes que le déploiement de l’edge computing va en crescendo avec leur vulnérabilité face à une attaque potentielle.

  1. Cybersécurité

Tout cela nous ramène à la cybersécurité, qui continuera d’être un défi de taille dans la défense en 2017 et au-delà. Si, de nos jours, la menace est si grande, c’est parce que ce sont les mêmes outils et les mêmes voies qui nous facilitent la vie au travail ou sur les champs d’opération qui servent de porte d’accès aux attaques des hackers qui souhaitent pénétrer dans nos systèmes.

Ce dont l’industrie a besoin maintenant, c’est de systèmes de surveillance et de détection des anomalies de sécurité plus sophistiqués qui peuvent coller au mieux aux comportements des utilisateurs, aux modes d’utilisation des applications, aux mouvements de données et au trafic réseau  : la cybersécurité doit également s’intégrer davantage au cœur des opérations système et ne pas être vue comme un élément que l’on peut laisser de côté. Cela aidera l’entreprise à identifier des tendances ou des activités anormales et, donc, suspectes. De cette manière la DSI pourra agir rapidement pour reconfigurer le système (en utilisant les solutions « everything-as-code ») pour réduire ou supprimer les vulnérabilités repérées.

Bien évidemment, la technologie n’est qu’une partie de l’iceberg. Le reste se compose des personnes et de leur « cyber-éducation ». La cybersécurité ne repose pas seulement sur les épaules de l’équipe de sécurité ; tous les membres de l’organisation doivent veiller à sa protection. Les outils de formation qui utilisent la réalité augmentée et les bots qui apparaissent lorsqu’une personne prend une décision douteuse pourraient aider à informer les employés, les guider dans leur utilisation de l’informatique et la gestion des données et changer leur comportement.

  1. Adoption et mise en place des technologies grand public

Une des dernières tendances en date et pas pour autant dénuée d’intérêt, est la croissance de l’usage de logiciels libres et en open-source ou du moins très peu coûteux. Vous en avez peut-être déjà entendu parler avec les termes « logiciel sans code » ou « développement sans code ». Avec un peu de savoir-faire, quiconque (y compris vos adversaires) peut exploiter des ressources disponibles gratuitement.

Les entreprises de défense auront besoin d’une équipe de conception solide, capable de comprendre et d’exploiter ces technologies ouvertes (API) . Ces ressources alternatives, très intéressantes sur le plan financier, peuvent faciliter la vie de l’entreprise, en la renforçant par des capacités opérationnelles temporaires. À condition de bien savoir gérer les risques liés à leur utilisation.

Et pour finir…

En 2017, les entreprises de défense devraient développer leur facette digitale, miser sur l’automatisation afin d’être plus agiles et plus efficaces et de mieux répondre aux demandes des utilisateurs. Ces 6 technologies émergentes, associées à un recentrage sur la planification stratégique de l’architecture d’entreprise et des disciplines solides en ingénierie des systèmes, peuvent permettre aux fournisseurs de services informatiques de relever le défi et d’avoir un temps d’avance sur le contrôle nécessaire de l’information.

Nous disposons maintenant de nombreuses capacités technologiques dans notre boîte à outils et en travaillant ensembles avec des engagements et des accords clairs ainsi que des niveaux optimaux de confiance organisationnelle, ce sont tous les acteurs du monde de la défense qui peuvent en tirer bénéfice au profit d’une amélioration de la sécurité nationale.


AUTEUR:

Mark Perry

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